le 19/01/2008 dans
Pratique de Kendo, par kyobul
Je vais parler ici de quelque chose qu’on rencontre très souvent en exercice de
geiko, surtout chez les pratiquants peu expérimentés –
les réflexes de protection contre une attaque portée.
Beaucoup lévent automatiquement les mains au dessus de la tête et placent leur shinai à l’horizontale, satisfaits d’avoir ainsi contré l’attaque de leur adversaire.
Ce n’est pas si grave si, occasionnellement, un réflexe d’une telle franche parade se produit. La situation est pire lorsque ce réflexe se transforme en style d’exercie. Car ce geste n’a rien à voir avec l’esprit du Kendo, ni avec la pratique correctement enseignée.
A combien d’entre-vous leur professeur a enseigné une technique de parade ? Je suis sûr que cela n’est arrivé à personne. Pourtant nombreux sont les pratiquants qui se sentent à l’aise à ne faire pas grande chose que bloquer toutes les attaques de leurs partenaires en geiko.
Ou peut-être, une seule partie de l’enseignement a été retenue. Car en réalité, une parade n’est toujours que le bref prélude vers une contre-attaque fulgurante.
Pour être clair je vais recourrir à l’exemple qu’on puisse trouver dans les écrits de Noma Hisashi, brillant kendoka qui vecut en début du 20e siècle. Il dit que le Kendo se résume à un seul instant. Qu’il n’y a pas de multiples attaques envisageables en Kendo, mais une seule. Et selon lui elle est toujours défintive.
Lorsque vous êtes face à votre adversaire, écrit-il, sabre en main, ayez bien en tête que vous avez réellement une et une seule possibilité de le vaincre. Car lorsque vous et lui portez l’attaque avec une grande détermination, forcément l’un des deux réussira plus que l’autre, même si l’avantage n’est pas sans appel. Il y aura un, qui faute d’avoir succombé à l’attaque, sera plus blessé que l’autre. Pour cela, dit-il, l’attaque en Kendo fait objet d’une grande détermination et l’on n’a qu’une seule possibilité.
Il dit également qu’il n’y pratiquement pas de différence si vous allez combattre avec un vrai sabre ou un bokken. Selon lui, après une attaque déterminée, dans un et dans l’autre des cas l’un des deux ne s’en sortira pas.
Pourquoi alors les exercices en Dojo ressemblent à une imitation d’un film à la Hong-Kong où des shinais se claquent l’un contre l’autre dans un interminable fracas ?
Celui qui se protège automatiquement à la moindre initiative de son partenaire reste étranger au Kendo. Il n’est absolument pas capable en ce moment à produire une attaque car son esprit même est en recul. Comment vaincre ?
Un assaillant déterminé tombera sur votre parade la première fois peut-être, mais s’il rapplique aussitôt avec la même détermination il vous mettra à genoux.
Ce geste de protection automatique est également assez ennuyeux pour un pratiquant du même niveau que vous, mais qui essaie de pratiquer correctement. Sans parler que vos parades « marcheront » jusqu’au jour où vos partenaires habituelles auraient avançaient leur pratique au point de vous porter des coups rapides et legers qui vous feront demander… Mais comment fait-il ?
C’est simple, il a un esprit qui le porte en avant. Un esprit d’attaque.
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En voilà un article intéressant, d’autant que nous sommes nombreux à avoir ce reflexe malheureux, qui vient avant même qu’on y songe! Je trouve, à mon tout petit niveau, que la frontière entre une parade « utile » et qui précède une vraie contre attaque, est infime avec une parade qui ne sert à rien d’autre qu’à bloquer le partenaire et soi même…par exemple, mon partenaire se lance pour faire Men et je tente un Kai Chi Do en réponse…si mon Do passe bien, on dira que ma parade était « utile » et dans l’esprit du Kendo; mais si je rate complètement mon Do, j’aurais empêché le Men de mon partenaire pour rien…et j’aurais efectué à tort cette parade…pas simple!…En tous cas, merci pour cette reflexion passionnante sur l’esprit d’attaque…